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COUP DE FOUDRE CHINOIS

Arsenal Toronto

 

ZHANG HUAN

Véritable figure de proue du monde de l'art chinois, Zhang Huan (né à Anyang, Henan, 1965) est l'un des artistes plus respectés et reconnus en Chine. En tant que pionnier de la célèbre « Beijing East Village » des années 1980, ses performances ont préparé le terrain pour « l'ouverture » de la scène artistique et posé les jalons de l'art contemporain chinois. Il est vénéré en Chine à l’instar de son compatriote dissident  Ai Weiwei et de l’avant-gardiste Yan Lei. De plus, il fut invité en 1998 à participer à l’exposition « Inside Out : New Chinese Art » organisée par la Asia Society de New York et décida par la suite de s’y établir. C’est dans cette nouvelle demeure, qu’il entreprit de nouvelles performances qui ont continué à se concentrer sur les corps impliquant souvent un grand nombre de volontaires (bénévoles). Au travers de ses performances Zhang Huan explore ses expériences dans cette nouvelle ville en tant qu’étranger. Zhang Huan a également mis au point une technique de peinture connue sous le nom d’« ash painting », où il utilise de la cendre durcie pour créer des paysages évocateurs.

Cette photographie issue de la série « My Boston » est tirée d'une performance commandée par le Musée des Beaux-arts de Boston, en 2005. Zhang Huan fait des performances qui sont toujours historiquement et géographiquement mises en scène. Dans « My Boston », l'artiste s'est inspiré d'un empereur chinois qui a organisé un autodafé de livres en 213 av. J.-C.. Cette œuvre est particulièrement adaptée à la ville de Boston où « interdit à Boston » est une phrase riche en significations historiques.                                                                                                                                              

A true force in the Chinese Art world, Zhang Huan (Anyang, Henan, 1965) is one of the most respected and recognizable Chinese artists. A pioneer in the famed Beijing East Village enclave of the early 1980s, Huan’s early performance pieces set the stage for the ‘opening’ of Chinese Contemporary Art, and is revered in China similar to the likes of Ai Weiwei and Yan Lei. A performance art pioneer, Zhang Huan was invited to New York in 1998 to participate in Asia Society’s exhibition Inside Out: New Chinese Art and he decided to remain in the city. In his new home, he embarked upon ambitious performances that continued to focus on the body and its physicality and often involved large numbers of volunteers. Through his performances, Zhang Huan reflected on his experiences in the city and his ethnic identity in a foreign land.

This photograph is from the “My Boston” series, a performance piece commissioned by the Museum of Fine Arts, Boston in 2005. Zhang makes pieces that are site-specific and steeped in history. ''My Boston" centres on a giant pyramid of books and the story of a Chinese emperor in 213 BC who ordered a massive burning of books. The theme spans centuries and cultures and is as relevant in a city where ''banned in Boston" became a catch phrase as it is in China. 

 

DAI GUANGYU

Figurant parmi les premiers artistes du New Wave Art 85 à Beijing, Dai Guangyu (Chengdu, Chine, 1955) exerce une pratique multidisciplinaire : il est à la fois calligraphe, peintre, performeur et photographe. Considéré comme un original de la scène artistique chinoise, il a réalisé des performances physiquement éprouvantes, comme Incontinence (2005) et A Sheep Lecture on Chinese Contemporary Art (« La conférence d’un mouton sur l’art contemporain chinois »), (2007).

« Shanshui ou “paysage encre sur la glace” a été exécuté pendant l'hiver 2004 en Allemagne et Fengshui “géomancie” a été réalisée immédiatement après, sur un des lacs gelés de Pékin.

 Les caractères chinois sont écrits à l'encre sur la surface de la glace, et au fil du temps, avec le changement des saisons, ils disparaissent de notre vue et avec eux, leur signification disparaît lentement aussi. Grâce à cette performance, je tiens à souligner le caractère éphémère des choses, la fragilité de tout ce qui est. Ce n'est que si nous sommes en mesure de traiter ces réalités fondamentales avec un esprit tranquille, qu’on arrivera à comprendre la nature de toute chose, de la vie ».

One of the originals of the seminal New Wave 85 Chinese art movement, Dai Guangyu (Chengdu, China, 1955) is something of a polymath: calligrapher, painter, photographer, and performer. A true original in the Chinese performance art scene, he has undertaken extreme performances such as “Incontinence” (2005), and “A Sheep Lecture on Chinese Contemporary Art” (2007).

“The photograph Ice Landscape was taken in 2006 after the artist performed the Picturesque Landscape Performance with calligraphy on a frozen lake in Beijing. 

The Chinese characters “mountain and river” are written with ink on the icy surface, and over time, with the changing of seasons, they vanish before our eyes, and along with them the meaning, which they carry, vanishes. Through this performance, the artist wants “to point to the ephemeral nature of things, fragility of all that which is. Only if we are able to treat these basic realities with an undisturbed mind, can we understand the nature of all things, the basic fabric of life.”

                         

ZHANG HUAN

Family Tree Shanghai  met en vedette l'artiste (situé à gauche), son frère et sa sœur et décrit la vie quotidienne comme un paysage empreint d’idéologie. Cette série photographique comprend neuf images séquentielles effectuées à intervalles réguliers, de l'aube jusqu'au crépuscule. Tout au long du processus, l'artiste a dicté à trois calligraphes des noms familiers, des histoires personnelles, des histoires connues et des pensées aléatoires. Les mots dictés ont été transcrits à l'encre sur le visage des trois personnages jusqu'à ce que, à la fin de la journée, ils soient complètement recouverts d'une épaisse couche de pigment noir. Ici, le contenu de la conscience individuelle, tant de ce qui a été appris historiquement que des expériences des uns et des autres, devient au cours d’un processus évolutif un masque ou seconde peau.

Les œuvres de Zhang Huan ont comme point de départ le language de son propre corps qu’il soumet à un intense stress physique afin de vivre différents états spirituels. C’est ainsi qu’il décrit son art comme un « act primitif » en harmonie avec la nature plutôt qu’avec la technologie.
The starting point of Zhang Huan’s work has always been the language of his own body, at times subjected to extreme physical stress to experience spiritual states. He refers to his art as a ‘primitive act’, in tune with nature rather than technology.  The Shanghai Family Tree features the artist on the left with his brother and sister. The artist presents his body and that of his siblings as a legible symbol, but now transformed in ways that recall his family history and speak to his experience of family as the most profound and formative of his life - a source of general inspiration and the subject of much of his performance work.

Shanghai Family Tree broadens this vein of exploration to describe the domestic scene as a site of initiation into ideology. The photographic series comprises nine sequential images made at regular intervals from dawn until dusk. Throughout the process, the artist dictated to three calligraphers a stream of familiar names, personal stories, learned tales, and random thoughts. Each was transcribed in ink onto the faces until, at the end of the day, the three subjects are completely covered in a thick layer of black pigment. Here, the contents and processes of an individual consciousness, learned from forebears and/or organized according to systems of belief conditioned by experience with them, become a mask or second skin. They are inseparable from that which the rest of the world takes to be a unique identity and original producing consciousness.

 

CANG XIN

Cang Xin (né au Heilongjiang, 1967) est une sorte de chamane. Il détient la conviction profonde que toutes les choses ont un ling, un esprit – y compris les objets inanimés – et il a la possibilité de se fondre à cette multitude de choses et de capter leur sens profond. Devenu l’un des plus célèbres artistes chinois de la performance, Cang aborde son travail comme un moyen de communiquer et d’entrer en harmonie avec la nature. Au cours de ses performances les plus connues, il s’est baigné avec des lézards, il a porté des uniformes ou des costumes étrangers, et il s’est prosterné sur un glacier. Chaque acte représente un rituel, et un désir, celui de devenir l'autre.

 « En Chine ancienne, dans le système de croyances traditionnelles, toutes les choses ont un “ling” (esprit), et les humains ne sont qu'une partie de ce grand système. Il n'y a pas de frontière entre l’animé et l’inanimé, qui sont tous deux interchangeables.  Mais, ces deux mondes ont besoin d’un intermédiaire, le chamane, pour communiquer à travers l'espace-temps, et de ce fait maintenir la parfaite harmonie de l'univers dans son ensemble.  Cette série de dessins humanise le chamane et met en scène ma propre individualité. »

Le portrait sur les parchemins est un autoportrait, c’est une « représentation d’un chaman, un médium entre les Dieux et les Hommes; ils n’ont rien à voir avec la destruction et le communisme, je ne fais que me représenter en tant que chaman. »

Mon art a ses origines dans la performance, qui utilise le corps de l'artiste pour exprimer des concepts artistiques, de sorte que ces dessins sur rouleaux parlent aussi de la compréhension que j'ai de mon corps, de son affirmation et de mon identité... »

 

Cang Xin (Heilongjiang, 1967) is a bona fide shaman; he holds the profound belief that all things have spirit – both animate and inanimate objects – and is a member of an order of enlightened holy men who have the ability to enter various forms at will. As one of China’s most celebrated performance artists, Cang approaches his work as a means to promote harmonious communication with nature. His works have included bathing with lizards, adorning the clothing of strangers, and prostrating himself on icy glaciers: each act representing a ritual of becoming the other.  Cang Xin has exhibited extensively internationally.

The figure depicted in the scrolls is a self-portrait and is a “representation of a shaman, a medium between the gods and humanity; they have nothing to do with destruction and communism I am just representing myself as a shaman.” “My whole art practice springs from my performance art.  Performance art uses the artist’s body to express artistic concepts, so these are traces of the way in which I understand my own body, and they are also an affirmation of my own body and my own identity…”

 “In ancient Eastern spiritual belief systems, all things have spirit, ling, and humans are merely a part of this big system There is no boundary between life and non-life – they are interchangeable, but that requires a middle person – a medium – a shaman to engineer this exchange so that an un-inhibited crossing (flow) can take place freely through the physics of time and space, and in turn maintain the perfect harmony of the universe as a whole.  This series of drawings is to humanize the medium, the middle person, and in due process to represent my own individuality.”


QUI JIE

Qiu Jie (Shanghai, 1961) Les dessins de Qiu Jie témoignent d’un large éventail d'influences esthétiques : formé à l’école de l’hyperréalisme chinois, il a également suivi des cours en Europe dans le domaine du multimédia, puis travaillé comme dessinateur et décorateur pour le théâtre. «Qiu Jie» est un pseudonyme qui signifie «étranger» ou «outsider», évoquant le mystérieux étranger qui rôde dans les terrains vagues de l'imagination. Il se dégage de ses compositions un sens du mythe, de l'exotisme et du voyage.

Ses dessins grand format, composés de feuillets juxtaposés de 80 x 100 cm chacun, lui demandent des mois de travail. Réalisés au crayon et à la gouache, ils sont le fruit d’un effort impressionnant. Ce processus fastidieux confère une qualité intemporelle à ses images, souvent inspirées par l'iconographie classique ou l'imagerie occidentale, avec de multiples références à la vie quotidienne de l’artiste.

Qiu Jie fait actuellement l’objet d’une exposition solo au Musée MOCA de Shanghai, qui s’achève en février 2013.

 « Les Deux Hirondelles représentent deux héroïnes de la classe ouvrière chinoise. Elles semblent si agiles qu’elles peuvent presque voler! Mon Olympia est aussi une héroïne moderne, en robe européenne avec les grands dirigeants Marx, Engels et Lénine, derrière elle.  “Mao” en chinois signifie également chat.  C'est pour cette raison que l'on retrouve le chat Mao dans la série “dazibao” ou la série d'affiches à grand caractère.   Donc, ce dessin est soit le président, soit un chat. Celui que vous préférez ! Mes dessins parlent de la vie de tous les jours, les idéologies qui se croisent, slogans capitalistes et communistes ».

Having trained in both Chinese high-realism and European multi-media schools and worked professionally as a decorator and designer, Qiu Jie’s (Shanghai, 1961)  drawings are informed from a wide range of aesthetic influence. ‘Qiu Jie’ itself is an adopted pseudonym: meaning ‘foreigner’ or ‘outsider’, conjuring images of a mysterious stranger negotiating the terrains of imagination. This sense of myth-making, exotica, and expedition is reflected through Qiu’s work.

Executed in massive scale, and taking months to complete, Qiu’s pencil drawings are achievements of awesome endeavour. His painstaking process is canonised in the timeless quality of his images, which merge the styles and iconography of ancient Chinese art with traditional and contemporary Western imagery and references.

Qiu Jie’s artwork illustrates everyday life in China in the style of capitalist and communist propaganda posters.

“The Two Swallows represents two Chinese working class heroines.  They are so capable, they can almost fly!” Woman and Leader is the artist’s reference to Olympia (Edouard Manet, 1863) which features a nude woman on a chaise longue. Qiu Jie’s presents the woman as a modern-day heroine in European dress with pomegranates and she holds a pamphlet for the Shanghai Expo 2010 with the mascot “Haibao” (which resembles Gumby). The mascot means treasure of the sea and was based on the Chinese character for man or person, "人".  Behind the woman is the artist’s version of Mount Rushmore which includes Marx, Engels, Lenin, and a cat which references Mao since Mao in Chinese is a homonym for cat.  For the artist it “is either the president or a cat! Whichever you prefer! The drawing is a play on words and a game at the same time.”

 

GAO BROTHERS

Les Frères Gao (Jinan, Chine, 1956 et 1962) sont de vrais modernistes, connus en tant qu’agents provocateurs du nouveau mouvement d’art chinois. Le duo basé à Pékin a collaboré en peinture, en sculpture, en performance, en photographie et même en écriture depuis le milieu des années 1980. Leur travail a été exposé dans le monde entier, et leurs œuvres ont notamment été admises dans les collections du Musée National de Chine, du Centre Georges Pompidou, du San Francisco Museum of Modern Art, du Musée d'art contemporain de Kemper, et du Princeton University Art Museum.

« Avec notre sculpture Miss Mao, nous détournons une image sacrée de Mao en tant que dirigeant, une icône de la propagande communiste et image centrale de la mémoire collective du peuple. Il devient une drôle de  poupée qui a le nez de Pinocchio, la natte d'un seigneur manchou et les seins d'une jeune femme. Ce travail expose la vérité. La politique de Mao est un mensonge. Miss Mao représente l'ironie de Mao et de son système ainsi que les gens dupés par Mao et sa politique. Miss Mao a été exposée dans le monde entier et a attiré les foudres des autorités chinoises. Elle a été saisie à plusieurs reprises et même confisquée par les douanes chinoises. Notre studio a été plusieurs fois contraint de fermer son accès au public en raison de Miss Mao ».

 « Osama Ben Laden a toujours été un personnage public très mystérieux. Bien qu'il ait souvent fait des apparitions dans les journaux, les magazines, à la télévision, sur internet et d'autres médias, nos connaissances à son sujet sont toujours restées limitées. Nous voulons inciter les gens à se poser plus de questions sur Ben Laden. Quel genre de personne était-il ? Comment était son enfance ? Comment est-il devenu la personne que nous connaissons tous aujourd'hui ? Quelles sont les différences entre le Ben Laden des médias et le Ben Laden réel ? Et quel genre d'impact a-t-il vraiment eu sur le monde »?

The Gao Brothers (Jinan, China, 1956 and 1962) are true modernists, and are known as the Agents Provocateur of the new Chinese art movement.  A pair of brothers based in Beijing, they have been collaborating on painting, installation, performance, sculpture, photography, and writing since the mid-1980s. Their work has been exhibited globally, and are held is some of the world’s most notable collections.

In the sculpture Miss Mao, the Gao Brothers “see a bizarre image: Mao’s sacred image as the leader and as a great man in Communist Party propaganda and within the collective memory of the people has been altered, from an idol into a funny doll which has the nose of Pinocchio, the pigtail of a Manchu lord, the breasts of a young woman.  This work exposes the truth that Mao’s politics are a lie. Miss Mao is the irony of Mao and his system and the people fooled by Mao’s politics.  Miss Mao has been exhibited all over the world and attracted the ire of the Chinese authorities. It has been blocked and confiscated several times by Chinese customs. Our studio was forced to be closed to public because of Miss Mao.” The Gao Brothers reference Mao in a lot of their artwork and it should be noted that their father was killed by Mao during the Cultural Revolution in China.

The Gao Brothers did a series of diptyque paintings featuring a painting of the childhood image of a world figure juxtaposed with the adult image to demonstrate how innocence can evolve into something much more sinister: “Osama Bin Laden has always been a very mysterious public figure. Although he frequently appeared in newspapers, magazines, on television, the Internet and other media, our knowledge about him has always remained limited. We aim to inspire people to delve into the real nature of Bin Laden. What kind of person was he? How was his childhood? How did he turn into the person we all know today? How big are the differences between the Bin Laden reported by the media and the real Bin Laden? And what kind of impact did he really have on the world?”


HAN BING

Han Bing (né dans la province du Jiangsu, 1974) a grandi dans un petit village pauvre de Chine rurale. Après quinze ans passés dans sa famille d’agriculteurs, il s'installe à Pékin, où il est frappé par le contraste entre le monde urbain du « nouveau rêve chinois » et le monde rural – ou par la dure réalité de ces  mingongren (les travailleurs migrants) dont le monde est souvent bouleversé et réduit à néant par la métropole. Han Bing se préoccupe de la lutte et des désirs des gens ordinaires en Chine.

La série de photos New Culture Movement est amorcée en 2007. Une brique signifie beaucoup en Chine, le rêve d’une vie nouvelle et d’une maison à soi, ou le désespoir de ne jamais parvenir à trouver sa place dans la société de consommation. Lorsque Han Bing demande aux travailleurs migrants, aux écoliers, aux paysans de poser avec des briques à la main, tels des monuments vivants à gloire de la nouvelle culture chinoise, pas un seul ne proteste. Ces ouvriers, ces familles et même ces écoliers, tenant leurs briques à la main comme autant de petits Livres Rouges, ont des rêves tenaces, ceux de se faire une place dans une société qui refuse de reconnaître leur valeur ou même leur contribution.

 « Il y a cent ans, les intellectuels de la dynastie de Qing ont entrepris le mouvement appelé “nouvelle culture”, adopté plus tard par Mao Zedong, et ensuite par Deng Xiaoping. Ces mouvements ont en commun leur origine, ils ont été inventés par l'élite. Le symbole associé à l’intellectuel est un livre, le livre rouge de Mao, tandis que la brique rouge symbolise la réforme. Pour les paysans, les briques représentent leur quotidien, ce qu'ils font pour gagner leur vie et comment ils existent dans le monde.   Cela montre aussi qu'ils ont abandonné le travail des champs pour faire partie de la culture de la ville. Une maison de briques pour tout le monde, c'était le rêve de Mao ».

Han Bing (Jiangsu Province, 1974) grew up in an impoverished village in rural China. He moved to Beijing at the age of fifteen and was struck by the harsh contrast between the newly urbanized "Chinese dream" propelling the nation's struggle to become "modern", and the cruel realities of those left behind, or trodden underfoot in this stampede. Exploring the struggles and desires of ordinary people in China's "theater of modernization," his works invert daily practice, reinvent everyday objects and ask us to rethink the order of things.

Han Bing began the series New Culture Movement In 2007.  The photographs were taken rural and urban areas to show the modern-day “New Culture Movement”. For the subjects, “bricks represent their life, what they do for a living and how they exist in the world, it also shows that they've abandoned labour in the fields and become part of the city culture. They hold the bricks in their everyday life. So when I asked them to take pictures of them holding brick, it didn’t feel in any way strange to them.”  The subjects hold the bricks like the little red books, holding on to the dream in a society that refuses to recognise their values or even their contribution.
 

“A hundred years ago the intellectuals in Qing Dynasty generated a movement called “New Culture, rejecting traditional customs and bringing in new and “Westernized” ones. Later on, Mao Zedong also led a Cultural Revolution, once again “culture” is present but this movement was more government-related. Finally, in the early 80s, Deng Xiaoping leaded what was called “the reform and opening-up policy”. Even though these three movements were initiated in different times by different kinds of people (intellectuals, labourers, officials, capitalists and bureaucrats) they have in common their origin, they were started by the elite. The symbol of an intellectual is a book, Mao's red book whereas the red brick symbolizes reform.”

 

GAO XIANG

Gao Xiang (né à Kunming, Chine, 1971) est un intellectuel et un enseignant qui se dévoue entièrement à sa pratique artistique. Il a débuté sa carrière en tant que professeur d'arts plastiques à l'Institut d'Art du Yunnan, avant d’exposer ses propres œuvres.  Il a été exposé et collectionné par de nombreuses institutions, y compris le Musée Zhengda à Shanghai, la China Century Museum, le Yong He Art Museum, le Lingsheng Art Institute, le Yuan Art Museum, le Yunnan Art Museum, le Guangzhou Art Museum et de le Vestfossen Art Museum en Norvège.

Dans la série « Who ist the doll. » la mariée est une apparition surréaliste plus grande que nature. L’artiste se représente tel un nain dans ses mains. Ainsi :

« Pourquoi est-ce que le peintre (moi) continue de poser la question suivante : qui est la poupée ? La mariée est plus grande que l'artiste sur la toile. Le peintre agit en tant que témoin dans le tableau. En fait, je me demande si je parle plus de la relation homme femme et de l'équilibre du pouvoir, de mon propre point de vue psychologique ».

Gao Xiang (Kunming, China, 1971) is an intellectual, professor, and wholehearted practitioner of artistic expression.  He began his career as a professor of visual arts at the Yunnan Art Institute, before showing his own works.  He has been shown and collected by many institutions including the Shanghai Zhengda Art Museum, the China Century Museum, Yong He Art Museum, LingSheng Art Institute, the Yuan Art Museum, the Yunnan Art Museum, the Guangzhou Art Museum, and Norway’s Vestfossen Art Museum.

In the Who is the doll? series, the bride is a surrealist apparition which is larger than life. The artist represents himself as a tiny dwarf in her hands. From the artist’s perspective:

“This series of works does not seek an answer but rather asks a more complicated question: Why does the painter (me) keep asking the question Who is the doll?  Although the paintings show the bride bigger than the artist on the canvas, the painter is not exactly certain of the scene he has witnessed in the painting. In fact, I wonder if I am talking more about the relationship and balance of power between female and male from my own psychological perspective.”

 

CHANG LEI

Personnage assez mystérieux, Chang Lei (né à Jinan, Shandong, 1977) s’exprime dans un langage sans concessions. Musicien dans un groupe de rock, écrivain et peintre, Chang Lei est passé sans difficulté du monde de la musique à celui des  arts visuels. Son premier album, intitulé The Setting Sun, a été suivi de près par un roman intitulé Mr The Setting Sun. Depuis, il expose  ses peintures et ses dessins au Musée MACRO de Rome, au Wall Art Museum of China et au Shandong Art Museum.

Dans la série « Mirror Images » l’artiste recrée la calligraphie du président chinoise et y inscrit un autoportrait et un éléphant.

La calligraphie est un phénomène culturel dans l’histoire chinoise. C’est un symbole de pouvoir, classe et hiérarchie. Si l’inscription est la calligraphie de ceux qui détiennent le pouvoir alors elle prend une dimension politique.

« La propagande politique est la norme pour un pays totalitaire. La Chine n'est pas le seul pays à l’employer. L'Allemagne de Hitler, La Russie soviétique de Staline ou la dynastie de Kim Jong-Il sont toutes les mêmes. La propagande politique affecte la vie des gens qui servent ainsi les intérêts des dirigeants, et le parti au pouvoir. Comme pour l'éléphant dans la peinture, on ne peut jamais vraiment connaître les dommages causés par les orientations politiques, même si nous pouvons ressentir le mal qu'elles peuvent causer. En Chine, nous sommes tous aveugles lorsque nous sommes confrontés aux problèmes de logement, de sécurité sociale, d’éducation, des lois, de fiscalité, de nourriture, des médias, d’économie, d'environnement, d'histoire, de culture, de politique et ainsi de suite. Nous sommes des aveugles et le système est l'éléphant. Éléphant en mandarin se prononce “xiang”, tout comme pour le mot “réalité” ».

Something of a mystery, Chang Lei (Shandong, 1977) is expressive to the extreme. A musician and author, as well as a painter, Chang Lei has of late segued wholly from rock stardom to visual artist. Chang Lei’s debut album ‘The Setting Sun’, was followed by a novel in verse, titled ‘Mr The Setting Sun’, and has since shown paintings and drawings at the MACRO Museum of Contemporary Art in Rome, the Wall Art Museum of China, and the Shandong Art Museum.

 Mirror Images is a series of canvases where the artist recreates the calligraphy of Chinese presidents and includes a representation of an individual (the self-portrait of the artist as a eunuch who represents the people of China) and an elephant. 

“Inscription or calligraphy in Chinese history is a cultural phenomenon. It is a symbol of power in most cases, it is also a symbol of “class” and “hierarchy”. If an inscription is the calligraphy of people in power, it takes on a political meaning.

Political propaganda is the norm for a totalitarian country. China is not alone. Hitler's Germany, Stalin's Soviet Russia and Kim Jong-Il's Dynasty are all the same. Political propaganda not only affects people's life, but also makes people serve for the interests of the rulers, the ruling party. Like the elephant in the painting, we can never know the damage caused by the political policies, even though we can feel hurt. In China, we are all blind when we face housing, medical service, insurance, education, laws, taxes, food, media, economy, environment, history, culture, politics and so on. We are the blind, the system is the elephant. Elephant is pronounced as xiang, exactly the same as reality.”

 

WU JUNYONG

La société, selon Wu Junyong de (Fujian, 1978), est « une fable ou une énigme imaginée par le plus grand nombre ». Il dépeint l’histoire confuse et souvent folle de cette société dans ses peintures allégoriques et ses vidéos d’animation. Il s’intéresse particulièrement à « l'intersection entre la politique et le corps humain ».

La société chinoise qu'il présente est un enfer surréaliste dont les habitants sont obsédés, répétant des exercices et des rituels aussi étranges qu’inutiles. Beaucoup portent des chapeaux coniques, qui sont pour l'artiste « un symbole du pouvoir culturel et politique ». Dans Cloud Nightmare (2010), le spectateur a l’impression d’observer à travers des jumelles des personnages et des animaux en ombres chinoises, bousculés par un vent violent.

« Ce sont des gens mesquins, stupides, présomptueux, bien-pensants, bref, des marionnettes. Ils défilent devant vos yeux comme des créatures issues “d'Alice au pays des merveilles” qu’on rencontrerait dans un terrier de lapin, comme dirait mon ami Gao Shiming. Font-ils la parade? Ils sont les hommes politiques chinois ou encore ceux que l’on trouve partout dans le monde. L'absurdité de la réalité m'amène d'autant plus à l'allégorie, je suis un narrateur entre la réalité et l'imagination, un monde d'illusions ».

« Je me suis aussi intéressé aux expressions de la langue chinoise : “appeler un cerf un cheval” (confondre bien et le mal). J'ai inventé cette nouvelle “espèce animale” dans ma vidéo. Les animaux ont souvent une sorte de statut symbolique. Ils représentent beaucoup de choses. Par exemple, le dragon a beaucoup de sens en Chine - il est censé voler dans le ciel, être puissant. Je fais souvent des dragons qui tombent du ciel, des dragons découpés ou sur le point de mourir, sapés de leur énergie. »

Society, in Wu Junyong’s (Fujian, 1978) view, is “a fable or a riddle made up by individuals in large numbers”. It is this confused and often crazy tale that he depicts in allegorical paintings and animations. His particular focus is “the intersection of politics and the human body”.

The Chinese society Wu Junyong presents is a surreal hell whose inhabitants obsessively repeat strange exercises and pointless rituals. Many wear conical hats, which the artist calls “a symbol of cultural and political power”. In Cloud’s Nightmare (2010), the viewer watches as if through binoculars as silhouetted humans and animals go through their baffling motions in the teeth of an evil wind. The work features men in dunce caps, reminiscent of the shamed intellectuals of the Cultural Revolution.

In the artist’s words: “They are petty and foolish people. Presumptuous, self-righteous puppets. They flash before your eyes like the creatures Alice in Wonderland meets in the rabbit hole as my friend Gao Shiming says.  Are they on parade? They are like Chinese politicians or politicians all over the world. The absurdity of reality leads me all the more to allegory, I am a narrator between reality and imagination, a world of illusions.” 

The work also features storks, horses, and dragons.  For the artist: “I am interested in expressions “to call a stag a horse” (to confuse right and wrong). To me, it is not important what one says when he calls a stag a horse, but the new “species” that derives from the called—a horse with deer horns becomes a public scene, nonsensical as it might seem.  Animals often have a kind of symbolic status. They represent things. So for example a dragon has a lot of meaning in China – it’s supposed to fly in the sky, to be powerful. But then I’ll often have dragons falling from the sky, or even being cut up – about to die, sapped of their energy.


LU FEIFEI

Auteur, sculpteur, peintre, cinéaste, actrice et muse, Lu Feifei (Zhuyuan, Shandong, 1980) est omniprésente sur la scène de l'art contemporain de Pékin. Muse et modèle des frères Gao pour bon nombre de leurs sculptures, photographies et autres œuvres, Feifei a également publié un roman sur la vie contemporaine chinoise, et réalisé un film dans lequel elle tient le premier rôle. Elle a participé à plusieurs expositions importantes dont « Génération post-70 » au Festival d’art 798 de Beijing, Change of Dragon’s Body au Plaza Art Center de New York, et UN-Forbidden City au Musée MACRO à Rome.

«Le village de Zhuyuan dans les montagnes Yimeng n’a “ni montagnes, ni eau”, seulement un paysage humain. C'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai décidé de le quitter à quinze ans à peine. Ma petite bourgade doit suivre la politique de l'enfant unique. Après la naissance d'un frère et de quatre sœurs, je ne sais toujours pas pourquoi mes parents ont couru le risque d'être sévèrement punis quand ils m’ont donné naissance. Je n'avais que cinq ans quand ils ont décidé de faire briller mon nom en me faisant enregistrer comme enfant légitime. On ne peut pas renier ses origines. Cette origine d’enfant inconnu, non identifié, a changé la façon dont je vois la vie, la société, l'art, la littérature et même la politique.

J'ai photographié la série Zhuyuan dans ma ville natale en 2009. Une des images était de deux jeunes filles, deux grandes sœurs, une nièce nommée Xuan Xuan, et son camarade de classe Zhi Zhi  (Sagesse). Tous les deux ont un petit frère à la campagne ». Si le premier enfant est une fille, alors la loi permet d’avoir plus d’enfants. Mais les normes patriarcaux persistent et les petites filles ne sont jamais favorites. C’est pourquoi j’ai choisi de les photographier à l’avant d’un slogan gouvernemental. La culture et la société vont á l’encontre du gouvernement.

Author, sculptor, painter, cineaste, actress, and muse, Lu Feifei (Zhuyuan, Shandong, 1980) is a fixture in the contemporary art scene in Beijing. She can often be seen in the works of the Gao Brothers, as the model and inspiration for many of their sculptures, photographs, and other works. Feifei has also published a novel on the contemporary Chinese condition, as well as writing, directing, and starring in a film. She has shown in exhibitions including ‘Post-70s Generation’ at the 798 Art Festival in Beijing, ‘Change of Dragon’s Body’ at the New York China Plaza Art Space, and ‘(UN) Forbidden City’ at the MACRO Museum of Contemporary Art in Rome.

 “I shot the Zhuyuan series in my hometown in 2009. My little town has family planning. After the birth of a brother and four sisters, I still do not know why my parents insisted and ran the risk of being punished severely when they gave birth to me. I was only five years old when they decided to untarnish my name and have me registered as a legitimate child. A very special fate. One cannot avoid one’s own beginnings. This beginning, unknown child, unregistered, unnamed, affected everything, the way I look at life and society, art, literature, and even politics.

The series features two girls, a niece named Xuan Xuan, and her classmate Zhi Zhior Wisdom. Both of them have a brother in the countryside, if the first child is a girl; one is allowed to have more children. But patriarchal custom persists, the girl child is not the favoured one at home. I deliberately chose to shoot the photograph with a government slogan as background. The girls always stand in front of the slogan oblivious. The way the culture thinks and the way society thinks are at odds with government policy.”

 

GU WENDA

Gu Wenda (né à Shanghai, 1955) fait partie de la première génération d'artistes chinois à se faire connaître au niveau international. Diplômé de l'École des beaux-arts de  Shanghai et de l'Académie centrale des arts de Hangzhou, Gu Wenda a étudié la peinture à l’encre avec le grand maître moderne Lu Yanshao , et fait partie du comité de sélection du musée PS1 à New York.

Son exposition solo à l'Université de York, à Toronto, en 1985 (organisé par Bruce Parsons), a été l'une des premières occasions pour un artiste de la « nouvelle vague », connue sous l’expression « mouvement de 1985 », d’être présenté en dehors de la Chine. Il a également exposé au San Francisco Museum of Modern Art, à la Johannesburg Biennale, à la Biennale de Shanghai, à la Vancouver Art Gallery, au Musée d'art contemporain de Sydney, au Museum of Modern Art à Oxford, à la Galerie d'art nationale chinoise, entre autres. Gu Wenda vit et travaille actuellement entre Shanghai et New York.

Gu Wenda a commencé, il y a quinze ans, le projet Nations Unies, soit un projet impliquant plus d'un million de personnes dans le monde entier qui ont contribué en offrant leurs cheveux. Le projet est une série de drapeaux internationaux qui reflète la mondialisation.  La série comprend cette représentation du drapeau américain, commande faite à l’artiste par un collectionneur de Montréal en l’an 2000. Le critique Michael O'Riley a comparé le Nations Unies à « une maison de thé universelle, un endroit où de nombreuses cultures peuvent montrer et dépasser leurs différences nationales ». 

Gu Wenda (Shanghai, 1955) was part of the first generation of Chinese artists to become known internationally. A graduate of both the Shanghai School of Arts and the Central Academy of Arts in Hangzhou, Gu Wenda studied ink painting under the great modern master Lu Yanshao, and is part of the selection committee of MoMA PS1 in New York.  

His solo exhibition at York University, Toronto, in 1985 (organized by Bruce Parsons), was one of the first to take place outside China for an artist of the "new wave" movement, and he has shown extensively across a couple dozen countries, including at the San Francisco Museum of Modern Art, Johannesburg Biennale, the Shanghai Biennale, the Vancouver Art Gallery, the Sydney Museum of Contemporary Art, the Museum of Modern Art at Oxford, the Chinese National Art Gallery, and others. Gu Wenda currently lives and works in New York.

Gu Wenda began his fifteen-year ongoing global art project in 1993. The United Nations Project is a series of installations that involves the use of human hair and cryptic calligraphy to convey a meaning of "Internationalism." He has completed 21 total projects and sub-projects and more than one million people have contributed their hair to this art project. Gu Wenda refers to his installations as national monuments and human hair was collected from people of many different races and glued together to symbolize the diversity of races coming together and fusing humanity into “a brave new racial identity.”  The use of hair from all different races either glued together to fashion a curtain or braided symbolizes the biological interconnectedness of human kind and Gu's optimism towards achieving true "Internationalism."

 

HUNG TUNG LU

Hung Tung Lu (Taiwan, 1968) s'installe à Beijing en 2000 pour pouvoir participer à la grande renaissance de l’art contemporain chinois.Détenteur d’une maîtrise en art de l'Université de Taiwan, Hung s'intéresse aux points d’intersection entre l'art et de la technologie. Il travaille principalement en art numérique ou holographique. Sur le plan thématique, Hung met l'accent sur les icônes religieuses, la faune et la flore, dans une interprétation virtuelle.  Il a exposé à  Tang Gallery à Pékin, Osage Singapour, Hong Kong Hanart, ainsi que dans les institutions : le Musée d'art contemporain de Shanghai (MOCA), le Musée de Shanghai Duolun, le Musée de Denver, et à la Biennale Fuori à Vicenza.

« Je pense que le cœur est le plus sacré des sanctuaires pour la pratique du soi. Les gens doivent être bouddhistes, apprendre d'abord à se cultiver, et ensuite poursuivre des buts désintéressés et purs ».

L’artiste est Bouddhiste, ainis padsambhva, connu comme le deuxième Buddha est souvent représenté dans ses œuvres.

« C’est environnement multi culturel, a arrêté le développement. Nous avons un haut degré de culture religieuse, une société pluraliste, une variété de foi qui coexistent ou se soudent. Cet aspect de la vie quotidienne Taiwanaise est très fort et est naturellement devenu une source d’inspiration. »

Hung Tung Lu (Taiwan, 1968) moved to Beijing in 2000 to participate in the great contemporary Chinese renaissance. An MFA from Taiwan University, Hung is interested in the intersection of art and technology. Hung works primarily in the digital domain, as well as with holographics. Thematically, Hung’s work has focussed on religious icons, fauna and flora, and electricity. He has shown at the Tang Gallery in Beijing, Osage Singapore, Hanart Hong Kong, the Museum of Contemporary Art Shanghai, Duolun Museum in Shanghai, the Denver Museum, and the Fuori Biennale in Vicenza.

The artist is a practicing Buddhist and the work features Padsambhava, the Buddhist Tantric figure from Tibet, widely known as the second Buddha. 

“This cultural environment, traditional Buddhism, Taoism, Confucianismin Taiwan, has stopped unimpeded development. We have a fairly high degree of religious culture, a pluralistic society, a variety of different faiths than can coexist or become fused. This part of Taiwanese daily life, this cultural background is very strong and naturally became one of the sources of my inspiration.”  The work utilises hologram technology and can be viewed as the artist’s attempt to create a meditative space.”

 

HE YUNCHANG

He Yunchang (né dans la province du Yunnan, 1967), ayant obtenu en 1991 un diplôme du département de sculpture de l’Académie des beaux-arts de Guangzhou, vit et travaille actuellement à Pékin. Dans ses performances les plus extrêmes, il exprime sa volonté, souvent indestructible. En mettant son corps à l’épreuve, He Yunchang tente de révéler l'existence de l’individu ou d’un « état de l'être » au-delà de ses propres limites physiques. Son point de vue est qu’une « œuvre d'art ne peut se démarquer du quotidien que lorsqu'elle est exécutée avec une certaine intensité. »

« Je me suis déshabillé avec beaucoup de gens. En Chine, ils pensent que le nu c’est de la pornographie. Selon eux, il y a beaucoup trop de pornographie. Mais quand il s'agit de politique, ils appellent cela aussi de la pornographie. Le bikini d’Ai Weiwei, emprisonné pendant 81 jours, était une performance, l'opposition de l’art à la politique. Un mètre pour la démocratie est une performance démocratique votée par un comité, fait par un chirurgien ».

Qu’est ce-que « la démocratie d’un mètre? »

C’est l’opposition physique d’un individu vis à vis l’État.

J’avais une incision profonde de 1 cm le long de mon corps, allant de la clavicule jusqu’au genou. Assisté par un docteur, nous avons tenu un volé de style démocratique : un échantillon de 20 personnes ont volé. Le décompte final était 12 pour, 10 contre et 3 abstentions. Certaines personnes étaient choqués mais j’ai utilisé mon corps.

He Yunchang (Yunnan Province, 1967) graduated from the Sculpture Department of Guangzhou Academy of Fine Arts in 1991, and currently works and lives in Beijing. In his extreme performances, personal willpower is persistently expressed throughout his work in a simple but difficult manner. By testing his body, he attempts to reveal the existence of an individual “state of being” beyond his own physical limitation. His view is “art work can be distinguished from daily life only when given a certain intensity.”What is the idea of One Meter Democracy?

It is the opposition of an individual against the state, proven physically. I had a 0.5 to 1 centimetre deep incision cut into the right side of my body, stretching one meter from his collarbone to his knee. A doctor assisted in this procedure without anaesthetic.  We held a “democracy-style” vote, using the asking twenty people to vote for or against. The final tally was 12 votes for, 10 against and 3 abstaining, passing by two votes. Some people were shocked. But I used my body in this process.

What is the idea behind Ai Weiwei swimsuit?

I stood with many people naked. In China, they think naked is pornography. Yet there is lots of pornography. But when it concerns politics, they often call it pornography too. Wearing the face of Ai Weiwei, imprisoned for 81 days was a performance, art opposition to politics.